Aéronautique dans les années 30 : l’époque de l’aviation populaire

 
Histoire Aviation

Lorsqu’il s’agit d’évoquer l’aéronautique en France, l’Aviation Populaire vient instantanément à l’esprit, même si certains ignorent réellement de quoi il s’agit. Ce qu’il faut savoir en premier lieu, c’est que l’aviation populaire ne peut être dissociée du front populaire des années 30. Malgré les grandes évolutions dans le domaine social, politique et dans le secteur du travail, il y a eu quand même des échecs qui ont abouti de l’état déplorable des armées françaises vers la fin des années 30.  Mais grâce au ministre de l’Air de l’époque, le Front populaire a écrit d’importants chapitres de l’histoire de l’aéronautique française.

Naissance de l’Aviation populaire

Pierre CotAvant les années 30, l’aviation ne faisait pas partie des préoccupations de la France et se réservait plutôt aux élites financières et intellectuelles. Voyager en avion n’était pas accessible à tous, tandis que les bombardiers et avions de chasse se destinaient plutôt aux officiers, autrement dit à quelques dirigeants. Un projet de rendre l’aviation accessible au plus grand nombre fut présenté par Pierre Cot, appuyé par le ministre de l’Education nationale. Comme prévu, cette idée n’était pas forcément bien accueillie, notamment par les militaires français. On avait du mal à imaginer les commerçants, ouvriers et artisans avoir accès à l’aviation. En effet, les militaires connaissaient bien les enjeux du projet initié par Cot. Face à des dictatures de plus en plus imposantes autour de la Métropole, le front populaire était conscient que l’armée de l’air ne disposait pas d’un nombre suffisant de pilotes pour faire face à d’éventuelles invasions. Le recrutement de nouveaux aviateurs s’imposait.

Même si le ministre Jean Zay détient d’importantes responsabilités dans la création de l’aviation populaire, Pierre Cot demeure le principal fondateur. Ce pilote était un vrai passionné et Zay savait que Cot envisageait de bénéficier du soutien d’un réseau d’aéroclubs. D’ailleurs, ce dernier avait moins de réticence envers l’aviation populaire, en particulier du fait que l’Aéro-Club de France était sous l’égide d’anciens pilotes de la guerre mondiale, des personnes proche de la population. L’Aviation Populaire était aux yeux de l’ACF un tremplin vers le développement.

Une fois le lancement du programme officialisé, des dirigeants au sein du front populaire s’appuient sur la presse et le réseau des élus (conseillers généraux ou maires). Ils faisaient alors la promotion de l’aviation populaire. Le plus grand nombre était intéressé par le brevet d’aviateur,  même si ce dernier ne s’apparentait pas vraiment à une licence. A la fin de l’année 1936, malgré le bien fondé du concept de l’aviation populaire, seuls 130 pilotes ont été formés.

Les effets de l’aviation populaire

La propagande continua et Pierre Cot ne lâchait pas son aviation populaire. De nombreuses commandes d’appareils légers furent parvenues auprès des producteurs d’avions nouvellement nationalisés. Mais au moment d’entrer en guerre, avec le Royaume-Uni comme allié contre les nazis, l’aviation a pu former 3000 nouveaux pilotes, qui ne tardaient pas à rejoindre l’armée de l’air.  Néanmoins, l’utilisation effective de ces pilotes pour des missions offensives tardait à venir, leur tâche étant limitée à des missions d’observation et de liaison, même si bon nombre d’entre eux ont déjà contribué dans la guerre d’Espagne.

Mais l’aviation populaire n’amenait pas seulement à former des pilotes pour gonfler l’effectif de l’armée de l’air. D’autre part, quelques-uns des avions de tourisme ont été utilisés pour l’entraînement des aviateurs par les militaires. La plupart d’entre eux étaient tout simplement repeints et marqués d’un numéro de série, bien que ces appareils n’étaient dotés d’aucun équipement militaire.

Même jusqu’à aujourd’hui, nous pouvons toujours avoir un aperçu des effets de l’aviation populaire.  C’est le cas par exemple des aéroclubs qui ne cessent de se développer, aussi bien ultramarins que métropolitains. Quant à l’aviation de tourisme, ses origines proviennent quelque part du programme initié par le ministre de l’air des années 30 et Pierre Cot. Le Service d’Exploitation de la Formation Aéronautique (SEFA) est d’ailleurs un des héritiers direct des SAP.

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Comments (1)

  1. BENOIT dit :

    C’est surtout Pierre Cot et son Chef de cabinet Jean Moulin qui sont à l’origine de l’Aviation populaire. C’est d’ailleurs Jean Moulin qui, dans le numéro spécial de VU du 14 novembre 1936 en explique l’objectif.
    Pendant cette même période, c’est également Jean Moulin qui se charge de la livraison d’avions aux républicains espagnols.

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