Air France : le gouvernement en mauvaise posture

 
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Les photos des deux dirigeants d’Air France agressés par des salariés se sont propagées partout sur le web. Cela semble confirmer les préjugés sur la haine des employés français envers le patronat. Au sein des entreprises, les réformes sont difficiles et les dialogues constructifs inexistants.

Le gouvernement dans une situation très délicate

Air France : le gouvernement en mauvaise posture

 La compagnie envisage d’immobiliser plus de quinze aéronefs et de supprimer certaines destinations qui n’apportent pas de rentabilité. Dans cette même optique d’économie, la décision a été prise de licencier 2900 employés, dont 300 pilotes, pour éviter qu’Air France ne tombe en faillite. Les pilotes qui ne seront pas congédiés se verront donc obligés de travailler des centaines d’heures en plus, sans percevoir le salaire en conséquence. S’opposant à ces décisions, les responsables du comité central ont été pris à partie.

Il ne semble pas s’agir du même type de conflit que celui qui a eu lieu entre le syndicat des travailleurs et la direction de l’usine d’alumine à Friguia (Guinée), finalement contrainte à fermer la boîte. Pour le cas d’Air France, la logique de la direction est difficile à cerner, les risques que la compagnie mette les clés sous le paillasson étant réduits, avec les prix de carburants en chute libre. Si la société cède aux pressions, les responsables n’ont pas intérêt à donner un mauvais exemple.

Face à cette situation, le gouvernement est placé malgré lui dans une mauvaise position et ne sait plus où donner de la tête. Alors que réduire le chômage figure parmi les priorités au cours de ce mandat, les circonstances empirent et la croissance a du mal à s’installer. Les violences perpétrées contre les responsables viennent mettre de l’huile sur le feu, rendant les médiations encore plus compliquées.

Face aux agressions physiques subies par des responsables d’Air France, la direction a décidé de déposer une plainte. Vue la situation actuelle, on peut tout à fait prévoir d’avance le parti pris du gouvernement, même par dépit, car la France n’est pas encore un pays où la loi ne l’emporte pas. Dans d’autres cas, on a déjà fait face à des salariés qui renoncent à leur salaire pendant des mois afin de permettre le redressement de leur entreprise à travers le système MBO (management by out). Si la solidarité au sein d’Air France l’emporte sur tout et que les salariés consentent à rester à leur poste même dans des conditions salariales défavorables, quels sont les risques pour ceux qui ont commis ces violences et qui sont contre des sacrifices ?

Il faut rappeler que le message du premier ministre à son retour du Japon a été clair : il soutien infailliblement la direction et condamne ces actes de violences perpétrées envers les responsables de la compagnie. Tout en dénonçant ces agissements intolérables, il a annoncé « La justice devra identifier ceux qui se sont livrés à cette violence inqualifiable».
Les dirigeants agressés par des salariés ce lundi 5 octobre vont-ils à leur tour fermer les yeux au nom du sacrifice pour la compagnie, alors que le gouvernement s’y met lui aussi ?

Lire aussi : Affaire « Air cocaïne » 

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