Pilotes : qu’est-ce qui explique leur niveau de rémunération ?

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Les pilotes de l’Air France sont en grève depuis le 15 septembre dernier et les Français ne comprennent toujours pas quelle est la cause réelle de cette grève. Maintes négociations ont déjà été menées pour que ces travailleurs reprennent leurs postes, mais jusqu’à aujourd’hui, les pilotes ne semblent pas pressés de revenir travailler surtout que leur nombre est passé de 52% mercredi à 62 % le jeudi.

Quelle est la cause réelle de cette grève ?

Les pilotes se sont mis en grève pour que le projet de filiale à bas coût Transavia Europe programmé par la compagnie soit retiré. Depuis le début de la grève, les dirigeants de la compagnie n’ont rien voulu entendre et ce n’est qu’au dixième jour de grève qu’ils ont finalement annoncé le « retrait immédiat » du projet. Cette annonce ne met toutefois pas fin à la grève, mais les pilotes entendent camper sur leurs positions jusqu’à la fin des négociations. La compagnie a même invité les clients qui ont réservé leur billet avant le 30 septembre de repousser la date de leur voyage ou de changer de billet sans frais supplémentaires. Avec ces annulations, les pertes d’Air France augmentent encore, car il faut souligner que depuis le début de la grève, elle perd dans les 20 millions d’euros par jour.
La cause de la grève n’est donc aucunement liée à une augmentation de salaire, comme certains le pensent, puisque les pilotes figurent parmi les salariés les mieux payés. D’ailleurs, qu’est-ce qui explique leur niveau de rémunération ?

Pourquoi les pilotes sont-ils mieux payés que les autres salariés ?

Depuis toujours, les pilotes gagnent plus que les autres salariés et ce, pour de nombreuses raisons.

– Les qualifications :

Pour devenir pilote, il faut avoir suivi des études longues et fastidieuses. Il faut donc avoir de réelles qualifications professionnelles et pour pouvoir accéder à la formation de pilote, il faut d’abord suivre une classe préparatoire scientifique. Toutefois, ces élèves devront encore passer un concours avant de pourvoir adhérer à la formation. Seuls les meilleurs seront retenus et pourront commencer la formation de pilote de ligne qui dure vingt-quatre mois.

– Une parfaite santé :

Pour les pilotes, être en bonne santé apparente ne suffit pas. Il leur faut avoir une condition physique excellente et d’ailleurs, même après que vous obteniez votre diplôme de pilote, vous devriez suivre régulièrement une visite médicale pour s’assurer que vous allez bien au niveau physique et mental. De nombreux pilotes ont perdu leur droit de voler suite à cette visite. Ainsi, être un vrai génie ne suffit pas à devenir pilote si on n’a pas les conditions physiques qu’il faut.

– La prise de décision :

À bord d’un avion, le commandant de bord est celui qui détient tous les pouvoirs donc la prise de décision lui revient même dans les pires situations. Cette grosse responsabilité coûte ainsi très cher à la compagnie.

– Les contraintes :

Le métier de pilote exige de nombreuses contraintes dont le décalage horaire pour les avions long-courriers et les temps de repos qui ne sont pas toujours respectés comme il faut.

– Le prestige du métier :

Le métier de pilote s’accompagne toujours de prestige et il fut un temps où on les considérait presque comme des dieux. On disait même que les pilotes se prenaient pour Mermoz. Entre 1960 et 1970, les pilotes étaient beaucoup recherchés et avec ce point qui penchait en leur faveur, ils n’hésitaient pas à abuser de leur rapport de force. Aujourd’hui encore, même si on retrouve facilement des pilotes, ils savent qu’en faisant la grève, ils occasionnent beaucoup de tort et n’hésitent pas à en abuser.
Il faut néanmoins souligner que les pilotes d’aujourd’hui ne sont plus aussi adulés qu’auparavant, mais le prestige du métier demeure.

– L’ancienneté :

Seuls les pilotes les plus anciens sont payés au prix fort tandis que les débutants sont moins bien payés, mais gagnent tout de même plus que la normale. L’ancienneté joue donc un rôle majeur dans leur niveau de rémunération.
– Les grades :
Il est logique que les pilotes les plus gradés soient mieux pays que les moins gradés et ce système est valable dans toutes les sociétés.

– Les missions :

Même si piloter un avion est aujourd’hui plus facile qu’auparavant étant donné que les appareils sont plus performants, maîtriser tous les équipements électroniques qui les composent n’est pas chose facile. On peut donc dire que le métier est moins éprouvant physiquement, mais côté intellectuel, il en faut plus qu’avant.

Toutes ces raisons expliquent donc le haut niveau de rémunération des pilotes. Soulignons qu’un pilote peut gagner entre 75 000 à 250 000 € bruts par an selon les qualifications du salarié. Aussi, il n’est donc pas surprenant si les pilotes obtiennent toujours ce qu’ils veulent lorsqu’ils se mettent en grève, car même si le métier n’est plus aussi prestigieux qu’être un grand chirurgien, le rapport de force reste en leur faveur à l’image des 20 millions d’euros perdus par jour.

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